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Combien de miel par ruche ? Ce que disent les chiffres officiels
Les rendements mesurés par FranceAgriMer selon les années et la taille du rucher, ce qu'il faut laisser aux abeilles, et le prix moyen du miel en 2024.
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« Combien de miel donne une ruche ? » est la question qu’on pose à tout apiculteur, et la réponse honnête commence par « ça dépend ». Les chiffres existent pourtant : depuis 2014, l’observatoire de la production de miel de FranceAgriMer, l’établissement public des produits agricoles, interroge chaque année des milliers d’apiculteurs, amateurs compris. Ce guide part de ces statistiques, montre ce qui les fait varier, puis rappelle ce qu’une colonie doit garder pour elle.
La moyenne nationale, année après année
L’observatoire publié en juillet 2025 porte sur la campagne 2024. Il s’appuie sur une enquête à laquelle ont répondu 4 002 apiculteurs, soit 5,8 % des apiculteurs déclarés, et ne compte que les ruches mises en production au printemps, pas toutes celles qui ont été hivernées. En 2024, 76,4 % des ruches hivernées ont été remises en production, et 79 % chez les apiculteurs de moins de 50 ruches.
| Année | Rendement moyen (kg par ruche en production) |
|---|---|
| 2014 | 16,2 |
| 2015 | 26,3 |
| 2016 | 16,5 |
| 2017 | 21,1 |
| 2018 | 28,7 |
| 2019 | 17,8 |
| 2020 | 23,2 |
| 2021 | 14,0 |
| 2022 | 23,5 |
| 2023 | 22,5 |
| 2024 | 15,2 |
Ces moyennes, lues sur le graphique de l’observatoire, montrent surtout l’irrégularité : une bonne année donne près du double d’une mauvaise. FranceAgriMer explique la chute de 2024 par un printemps pluvieux, froid et venteux qui a lessivé le nectar et empêché les abeilles de butiner. La synthèse de juillet 2025 reste, au 1er octobre 2026, la dernière publiée.
Petits ruchers, grands ruchers
| Taille du rucher (2024) | Rendement moyen | Stock de miel à la ruche en fin d’année |
|---|---|---|
| Moins de 50 ruches | 12 kg | 4 kg |
| Plus de 400 ruches | 18,2 kg | 14,2 kg |
| Ensemble | 15,2 kg | Non précisé |
L’observatoire ne détaille pas les causes de l’écart. Une partie tient sans doute aux pratiques : la transhumance, qui consiste à déplacer les ruches vers les floraisons, concerne 4,1 % des apiculteurs de moins de 50 ruches contre 64,2 % de ceux de plus de 400. FranceAgriMer souligne aussi que les rendements restent très variables d’un apiculteur à l’autre, quelle que soit sa taille.
Le miel des petits ruchers ne suit pas les mêmes circuits. Les apiculteurs de moins de 50 ruches mettent 94 % de leur récolte en pot, et à l’échelle nationale 6 % du miel est consommé par ceux qui le produisent, 6,8 % donné, des parts portées surtout par les amateurs.
Selon la région
Les écarts régionaux sont aussi marqués que les écarts entre années. L’observatoire en donne quelques-uns pour 2024 :
| Région | 2023 | 2024 |
|---|---|---|
| Bourgogne-Franche-Comté | 35,5 kg | 13,2 kg |
| Grand Est | 32,3 kg | 11,8 kg |
| Occitanie | Niveau comparable à 2024 | 19,1 kg |
| Bretagne | Non précisé | 9,8 kg |
| Centre-Val de Loire | Non précisé | Seule région au-dessus de 20 kg |
Les miellées changent aussi : en 2024, le miel toutes fleurs d’été représentait 25 % des volumes, devant le tournesol (10,9 %) et la lavande (10,3 %), alors que les miels de printemps se sont effondrés. Une ruche de jardin récolte ce que la végétation d’un rayon de quelques kilomètres lui offre, et cette ressource ne se lit pas dans une moyenne régionale.
Ce qui fait varier la récolte d’une ruche
L’observatoire mesure, il n’explique pas ruche par ruche. Pour 2024, il met en cause la météo d’abord ; il cite aussi le renouvellement du cheptel après l’hiver, alors que la pression du varroa et du frelon asiatique avait été plutôt moins forte que l’année précédente. D’autres facteurs relèvent de la conduite de la colonie, mais aucune statistique publique ne chiffre leur effet chez les amateurs :
- la première année : un essaim installé au printemps bâtit d’abord sa cire et ses réserves, et la récolte est souvent faible ou nulle, comme le rappelle le guide Débuter en apiculture ;
- l’essaimage : un essaim emporte de 50 à 70 % des ouvrières selon l’université de Floride, au moment où la colonie devrait butiner pour la miellée ;
- le traitement contre le varroa : l’ITSAP rappelle qu’il est tentant de le retarder pour une récolte de plus, alors que cette récolte reste hypothétique et que la survie hivernale passe avant ;
- le nourrissement : une colonie nourrie pendant la miellée met du sirop dans ses hausses, et ce sirop n’est pas du miel.
Ce qu’il faut laisser à la colonie
La règle de base est simple : le support de formation de l’ITSAP limite la récolte aux hausses, sans couvain, et laisse le corps de ruche aux abeilles. Le chiffre des réserves à garder pour l’hiver, lui, varie selon les sources et les climats.
| Source | Réserves pour l’hiver |
|---|---|
| ITSAP, mallette des ruchers écoles (2017) | 10 à 20 kg consommés pendant l’hiver selon les régions |
| DRAAF Bretagne, livret pour débutants | 15 à 25 kg, soit au moins cinq cadres de corps Dadant pleins |
| Perennia, Canada atlantique (2016) | 27 à 36 kg, pour des hivers bien plus longs |
L’ITSAP donne un autre repère, utile pour qui pèse ses ruches : une Dadant de 54 litres permet d’hiverner sans nourrir à condition que son poids atteigne 35 à 40 kg en fin de saison. Un cadre de corps Dadant plein contient environ 4 kg de miel selon la DRAAF Bretagne. Le guide Nourrir ses abeilles explique comment compléter des réserves insuffisantes, et le guide Extraire le miel quels cadres prendre le jour de la récolte.
Que vaut ce miel ? Les prix moyens de 2024
FranceAgriMer publie aussi des prix moyens, relevés auprès des apiculteurs pour la campagne 2024. Ce sont des moyennes nationales, qui ne disent pas à quel prix vendre un pot donné.
| Circuit (2024) | Conventionnel | Bio |
|---|---|---|
| Vente directe, en pot | 14,1 euros le kilo | 16,1 euros le kilo |
| Détaillant ou grande surface, en pot | 12,8 euros le kilo | 14,9 euros le kilo |
| Vrac (grossiste, conditionneur, coopérative) | 7,8 euros le kilo | 10,1 euros le kilo |
En vrac, le prix dépend beaucoup de la miellée : 8,5 euros le kilo pour la lavande, 7,7 euros pour le miel de montagne et 7,4 euros pour l’acacia, contre 4,6 euros pour le toutes fleurs et 4 euros environ pour le colza et le tournesol. L’observatoire note que les prix en vente directe ont plutôt baissé en 2024, de nombreux apiculteurs s’étant tournés vers ce circuit après la crise du vrac de 2023.
Sources
Consultées le 1er octobre 2026.
- FranceAgriMer, « Observatoire 2025 de la production de miel, de gelée royale et des autres produits de la ruche (données 2024) », synthèse, juillet 2025 (figures 8, 14 et 15 pour les rendements et les prix).
- FranceAgriMer, fiche filière « Apiculture », février 2026.
- ITSAP-Institut de l’abeille, Mallette pédagogique à destination des ruchers-école, module 3 « Matériel apicole », module 6 « Les produits de la ruche » et module 7 « Conduite du rucher », octobre 2017.
- DRAAF Bretagne, Mieux savoir. Livret destiné à ceux qui acquièrent leur première colonie, version 2024.
- Perennia, Guide de gestion des abeilles à l’automne (Canada atlantique), novembre 2016.
- J. D. Ellis, S. DeBerry, J. Crowley, Swarm Control for Managed Beehives (ENY-160/IN970), University of Florida IFAS Extension.
Vos questions
Combien de kilos de miel produit une ruche par an ?
En moyenne nationale, 15,2 kg par ruche en production en 2024 selon FranceAgriMer, après 22,5 kg en 2023. Sur 2014 à 2024, la moyenne annuelle a varié de 14 à 28,7 kg.
Combien de miel pour un apiculteur amateur ?
FranceAgriMer mesurait 12 kg par ruche en 2024 chez les apiculteurs de moins de 50 ruches, contre 18,2 kg chez ceux de plus de 400 ruches. Les écarts d'un rucher à l'autre restent très importants.
Combien de miel faut-il laisser à une ruche pour l'hiver ?
Les sources donnent de 10 à 36 kg de réserves selon le climat. En France, l'ITSAP parle de 10 à 20 kg consommés pendant l'hiver et la DRAAF Bretagne de 15 à 25 kg ; le corps de ruche n'est jamais récolté.
Quel est le prix moyen du miel ?
En 2024, FranceAgriMer relève 14,1 euros le kilo en vente directe en pot pour un miel conventionnel et 16,1 euros en bio. En vrac, les prix vont de 4 euros le kilo pour le tournesol à 8,5 euros pour la lavande.


