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Comprendre · La colonie

Essaim d'abeilles : combien de temps il reste, et qui appeler

Ce qu'est un essaim posé dans un arbre, pourquoi il n'attaque pas mais se respecte, combien de temps il reste et qui peut venir le récupérer.

· 6 min de lecture

Un essaim d'abeilles en grappe accroché sous une branche feuillue
NatureComprendre
Saisonde avril à juin
RubriqueLa colonie
Sources relues le

Au printemps, il arrive qu’une boule bourdonnante de plusieurs milliers d’abeilles apparaisse en quelques minutes sur une branche, une haie ou un poteau. C’est un essaim : une colonie en train de se reproduire, qui attend de trouver un nouveau logis. Le spectacle impressionne, mais un essaim posé est l’un des moments où les abeilles sont le moins défensives, et il existe des apiculteurs prêts à venir le recueillir.

Pourquoi une colonie essaime-t-elle ?

Une colonie d’abeilles domestiques se comporte comme un seul organisme. Pour se reproduire, elle ne pond pas une nouvelle colonie : elle se divise. Le résumé de l’ouvrage de Thomas Seeley, biologiste de l’université Cornell qui a passé des décennies à étudier les essaims, le dit ainsi : un tiers de la ruche reste sur place et élève une nouvelle reine, tandis qu’un essaim de milliers d’abeilles part avec l’ancienne reine fonder une colonie fille.

L’essaimage a lieu surtout au printemps et au début de l’été, quand la colonie est forte et que la ruche se remplit de couvain (les œufs, larves et nymphes). Avant le départ, les ouvrières élèvent des reines dans des cellules spéciales, plus grandes. Le jour venu, l’essaim sort d’un coup, tourbillonne puis se pose en grappe non loin de la ruche.

Il peut y avoir plusieurs départs : après l’essaim primaire, avec l’ancienne reine, une colonie très peuplée peut produire des essaims secondaires, plus petits, emmenés par de jeunes reines.

Pour l’apiculteur, un essaim qui part, c’est une partie de la population et souvent une bonne part de la récolte qui s’en vont. Prévenir l’essaimage fait partie de la conduite de printemps ; la rubrique La colonie détaille ce qui se passe dans la ruche à cette période.

À quoi ressemble un essaim posé ?

Une grappe brune et mouvante, de la taille d’un ballon de rugby à celle d’un gros sac, suspendue sous une branche ou plaquée contre un mur ou un pilier. Les abeilles s’accrochent les unes aux autres ; quelques-unes vont et viennent en surface. Il n’y a ni rayons de cire visibles ni enveloppe autour.

Au centre se trouve la reine. Autour d’elle, les ouvrières se tiennent serrées pour garder la chaleur. Les éclaireuses, une petite fraction de l’essaim, partent inspecter les cavités des environs : creux d’arbre, cheminée, volet roulant, entre-deux de mur.

L’essaim est-il dangereux ?

Moins qu’on ne le croit, à condition de le laisser tranquille. Les abeilles d’un essaim n’ont ni couvain ni réserves à défendre, ce qui explique leur calme relatif.

Cela ne veut pas dire qu’elles ne piquent jamais. Un geste brusque, un coup dans la branche, un jet d’eau ou un insecticide peuvent déclencher une défense. Ne tentez pas de déloger l’essaim vous-même, et n’aspergez rien : un insecticide tue la colonie sans rien régler, et des abeilles affolées piquent.

Combien de temps reste un essaim ?

De quelques heures à quelques jours. La grappe attend que les éclaireuses se mettent d’accord sur un logis. Thomas Seeley et Susannah Buhrman ont filmé ce processus en 1999 : dans l’un des essaims suivis, la décision a demandé environ 16 heures de danses étalées sur trois jours. Au début, les éclaireuses annoncent une douzaine de sites ou plus ; peu à peu, l’un d’eux rallie toutes les danses, et l’essaim s’envole d’un bloc.

Par mauvais temps, l’essaim peut rester plus longtemps, les éclaireuses sortant peu sous la pluie. Inversement, il peut partir avant l’arrivée de l’apiculteur : prévenez vite, idéalement le jour même.

Un essaim qui ne bouge pas depuis plusieurs jours et commence à bâtir des rayons de cire à l’air libre s’est installé. On parle alors d’une colonie, et sa récupération est plus délicate.

Qui contacter ?

Un apiculteur. C’est lui qui a le matériel et l’intérêt de recueillir l’essaim, qu’il installera dans une ruche. Pour en trouver un :

  • le syndicat ou la fédération apicole de votre département, dont beaucoup tiennent une liste de bénévoles ;
  • le groupement de défense sanitaire (GDS) ou sa section apicole ;
  • votre mairie, qui connaît souvent les apiculteurs de la commune ;
  • un rucher école proche.

Des sites associatifs proposent aussi des listes de « récupérateurs d’essaims » par département. Aucun dispositif national officiel n’a pu être identifié : vérifiez que la personne qui se présente est bien apiculteur (elle doit avoir un numéro d’apiculteur, le NAPI).

Ce que l’apiculteur ne fera pas. Il ne détruit pas de nid de guêpes ou de frelons, et ne démonte pas un mur ou une cheminée. Pour un essaim installé dans une cavité du bâti, la récupération relève d’un apiculteur expérimenté, parfois avec un artisan.

Essaim, nid de guêpes ou de frelons : comment les distinguer ?

Essaim d’abeilles Nid de guêpes ou de frelons
Aspect Grappe d’insectes à nu, sans enveloppe Boule ou poche de « papier » gris ou beige, avec un trou d’entrée
Apparition En quelques minutes, au printemps Construit sur des semaines, visible surtout en été et à l’automne
Durée Quelques heures à quelques jours Toute la saison, au même endroit
Qui appeler Un apiculteur Votre mairie, qui vous orientera

Les insectes eux-mêmes diffèrent : l’abeille domestique est brune et velue, la guêpe jaune vif et presque glabre. Pour le frelon asiatique, de nombreux départements organisent un signalement des nids : la rubrique Santé des abeilles y reviendra.

En cas de doute, photographiez l’essaim de loin et envoyez la photo à l’apiculteur ou à la mairie : la plupart savent trancher d’un coup d’œil.

Et si vous aviez envie de le garder ?

Recueillir un essaim pour démarrer un rucher se fait couramment, mais pas sans préparation : une ruche prête, un emplacement conforme, une déclaration de vos colonies, et surtout une formation. Un essaim d’origine inconnue peut aussi porter des maladies. Si l’idée vous tente, la rubrique Débuter reprend les étapes dans l’ordre.

Sources

Consultées le 1er octobre 2026.

  • Seeley T. D. et Buhrman S. C., « Group decision making in swarms of honey bees », Behavioral Ecology and Sociobiology, 1999 (résumé et présentations secondaires consultés).
  • Princeton University Press, présentation de l’ouvrage de Thomas D. Seeley, « Honeybee Democracy », 2010.
  • MSA, « Piqûres d’hyménoptères (abeilles, guêpes, frelons…) », brochure Santé pratique, janvier 2025.
  • Assemblée nationale, question écrite n° 54335 de M. François Brottes et réponse du ministère de l’Intérieur, JO du 26 août 2014.
  • Ministère de l’Agriculture, « Foire aux questions : déclaration de détention et d’emplacement de ruches », juin 2026 (numéro d’apiculteur NAPI).

Vos questions

Un essaim d'abeilles est-il dangereux ?

Un essaim posé est en général peu défensif, car il n'a ni couvain ni réserves à protéger. Il reste des milliers d'abeilles capables de piquer : on ne le touche pas, on l'observe de loin et on éloigne enfants et animaux.

Combien de temps un essaim reste-t-il sur une branche ?

De quelques heures à quelques jours, le temps que les éclaireuses choisissent un nouveau logis. Dans une étude de Thomas Seeley, ce choix a demandé environ 16 heures de danses réparties sur trois jours.

Qui appeler pour un essaim d'abeilles dans son jardin ?

Un apiculteur, en passant par le syndicat apicole ou le GDS de votre département, ou par votre mairie qui connaît souvent les apiculteurs locaux. Les pompiers ne sont pas tenus d'intervenir et peuvent facturer.

Comment savoir si c'est un essaim ou un nid de guêpes ?

Un essaim est une grappe d'abeilles à nu, sans enveloppe, apparue d'un coup. Un nid de guêpes ou de frelons est une boule de papier gris ou beige percée d'une entrée, construite sur des semaines.